Togo: Arrestations en cascade des journalistes et activistes
Communiqué   modifié le 15-12-2021 11:26 par Tournons la Page

Une nouvelle vague répressive déferle sur le Togo en cette fin d'année 2021, frappante en 40 jours 5 journalistes et activist politiques. Dans l'espace de 48 heures, 4 autres personnes subissent l'arbitraire des autorités togolaises, portant à 116 le
nombre de prisonniers politiques sur 7 sont morts du fait de leur détention. Ces arrestations confirment la volonté de faire taire les voix critiques envers le pouvoir et de graves atteintes à la liberté d'expression. 

1°) Jeudi 4 novembre 2021 : arrestation de Jean-Paul OUMOLOU : Activiste politique et militant de la Dynamique Monseigneur KPODZRO (DMK) résidant en Suisse, Jean-Paul OUMOLOU a été enlevé au petit matin au quartier Hédzranawoé à Lomé par des agents de la Gendarmerie nationale lourdement armés et cagoulés qui, après avoir bouclé tout le quartier, se sont saisis de lui après l'avoir violenté. Conduit au Service central de recherches et d'enquêtes criminelles (SCRIC), il y a subi de longs interrogatoires suite à la réussite, présenté au Procureur de la République et au Juge d'instruction. Il est accusé de : Appel au peuple et à l'armée à l'insurrection ; diffusion de fausses nouvelles ; excuses de crime ;outrage à l'autorité publique. Il est interdit de se tenir depuis40 jours au SCRIC.

2°) Jeudi 9 décembre 2021 : arrestation et emprisonnement du journaliste Ferdinand Messan AYITE , directeur de publication du journal L'Alternative. Il a été convoqué à la Brigade de recherches et d'enquêtes (BRI) uniquement pour avoir tenu, dans l'émission « L'autre journal » sur Youtube, des propos critique envers deux ministres du gouvernement. Il est accusé « d'outrage à l'autorité » sur la base de l'article 490 du Code de procédure pénale alors que les délits de presse ont été dépénalisés depuis 2004 au Togo. 

Cette arrestation intervient 5 mois après que le nom de Ferdinand Ayité a été découvert parmi les personnlités placées sous surveillance via Pegasus. Sans compter le fait que son journal a été suspendu pendant 4 mois le 9 avril 2021. 

Gardé à vue et incarcéré au BRI dans la soirée, il est conduit, le lendemain 10 décembre,
chez le Juge d’instruction qui confirme les chefs d’accusation et le place sous mandat de dépôt dans la soirée.

3°) Vendredi 10 décembre 2021 : arrestation et emprisonnement arbitraires du journaliste Joël Vignon EGAH, directeur de publication du journal Fraternité et la mise sous contrôle judiciaire de son confrère Isidore KOUWONOU , rédacteur en chef du journal L’Alternative et Secrétaire général du Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT). Tous deux participaient à l'émission « L’autre journal » le premier en tant que participant, le second comme modérateur. Comme Ferdiannd Ayité, ils sont accusé « d'outrage à l'autorité ». Amené devant le juge d'instruction, Joël EGAH est placé sous mandat de dépôt et Isidore KOUWONOU se voit placer sous contrôle judiciaire.

Ces événements se déroulent au momoent de la célébration de la journée internationale des droits humains que les autorités ont choisi de crucifier au lieu de la célébrer. Au moment où le monde entier célébrait l’espèce humaine pour ce qu’elle a de plus sacré d’égalité et de dignité la justice togolaise a arraché leurs plumes à trois journalistes. Ces derniers étaient en train de faire l’analyse de la situation sociopolitique au regard de l’actualité. En clair, ils étaient dans l’exercice de leur fonction de journalistes, et les faits qu’on leur reproche ne sont pas détachables de cette fonction. Sur le plan legal, c'est la HAAC qui doit être saisie pour une quelconque atteinte à la déontologie, mais en aucun cas un commandant de gendarmerie. Mais surtout pas à un procureur de placer des journalistes sous mandat de dépôt.

+33.1.45.49.70.97
contact@tournonslapage.org