Nos membres en danger

Le travail des activistes n'est pas sans dangers et plusieurs subissent de graves violations de leurs droits. Les membres de Tournons La Page, par les sujets traités, sont particulièrement visés par ces attaques. Cette page a pour vocation de d'attirer l'attention sur ces défenseurs des droits humains persécutés dans leurs pays respectifs pour leur travail de contrôle citoyen.

 

 

 

Guinée
Oumar Sylla

Arrêté·e le 29 Septembre 2020

En prison depuis
5 mois

Le 29 septembre 2020, Oumar Sylla a été violemment arrêté (il s’est retrouvé avec ses habits, son masque déchiré et une blessure à la main) par des hommes en civil en pleine rue dans la commune de Matoto à Conakry alors qu’il s’apprêtait à participer à une manifestation organisée par le FNDC pour protester contre la candidature du Président Alpha Condé à un troisième mandat. Emmené à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ), il a été interrogé sans que ses avocats n’aient pu l’assister. Leur entrée dans les locaux de DPJ leur a été refusée ce qui est une atteinte aux droits de la défense. Quelques heures plus tard, le procureur du tribunal de Mafanco a décidé de placer Oumar Sylla sous mandat de dépôt et de le faire incarcérer à la prison centrale de Conakry.

Oumar Sylla, qui a été présenté à un juge d'instruction début octobre, était d’abord poursuivi pour « participation délictueuse à un attroupement sur la voie publique, dégradation et destruction de biens publics, manœuvres et actes tendant à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles graves à l'ordre public ». Mais après plusieurs interrogations en instruction, le juge n’a retenu qu'une seule infraction contre lui, celle « d'attroupement illégal sur la voie publique ».

Depuis le vendredi 25 décembre 2020, Oumar Sylla a entamé une grève de la faim pour protester contre sa détention prolongée à la Maison Centrale de Conakry et afin d’exiger la tenue d'un procès sans délai. Ce refus de la part des autorités de maintenir Oumar Sylla en détention préventive sans prévoir de date de procès ressemble à une sanction pour le punir de son engagement contre le troisième mandat d’Alpha Condé. Il a mis fin à sa grève le 8 janvier 2021, après que la date de son audience ait été programmée. Très affaibli par sa grève de la fin, il a été hospitalisé le jour même.

Le 28 janvier, après un report du délibéré initialement prévu le 14 janvier, Oumar Sylla a été condamné à 11 mois de prison ferme par le tribunal de Mafanco à Conakry pour « participation délictueuse à un attroupement susceptible de troubler l’ordre public ». Ses avocats et le ministère public ont immédiatement fait appel de la décision.

Ce militant de la société civile n’en est pas à sa première arrestation et détention arbitraires. Déjà interpellé le 17 avril 2020 pour « diffusion de fausses informations », l’accusation avait été jugée non fondée par la chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Dixinn. Oumar Sylla avait alors été libéré le 27 août 2020 après plus de quatre mois d’incarcération abusive.